extrait
« Je demeure convaincu que le sport est un des plus puissants éléments de paix et j’ai confiance en son action future. Mais pour qu’il puisse exercer une telle action, il faut qu’il soit général, ardent, loyal, et désintéressé. Il ne doit pas être réservé à certaines catégories sociales plus riches ou moins occupées, mais étendu à tous et mis à la portée de tous sans exception. Il doit d’autre part être pratiqué avec ardeur, je dirai même avec violence. Le sport, ce n’est pas l’exercice physique bon pour tous au point de vue de l’hygiène à condition d’être sage et modéré. Le sport est le plaisir des forts ou de ceux qui veulent le devenir physiquement et moralement. Il comporte donc la violence, l’excès, l’imprudence. Rien ne le tuerait plus sûrement que de le vouloir emprisonner dans une modération qui est contraire à son essence (1) ». Pierre de Coubertin.
Coubertin est au cœur d’un paradoxe. À chaque olympiade son nom est prononcé, parfois avec vénération, et son œuvre de restauration est célébrée : on le fête comme le père fondateur de la horde olympique, comme l’initiateur du grand mouvement contemporain des Jeux olympiques qui débute au tournant du XXe siècle. Cependant, par une sorte de ruse de l’histoire, ses idées et ses projets (son système politique, pédagogique, social, idéologique, etc.) sont à peu près totalement inconnus, disons méconnus, voire occultés (2). Son nom sert surtout de paravent à de douteuses opérations de propagande en faveur de la « paix et l’amitié entre les peuples » où les pays staliniens de l’Est rivalisent d’hypocrisie avec les pays capitalistes occidentaux. Symbole de l’œcuménisme olympique, Coubertin joue un peu le même rôle emblématique que Gandhi pour les non violents ou Clausewitz pour les militaires : tout le monde prétend le connaître, personne ne le lit (3).
Dans les limites de cet ouvrage, mon propos est d’examiner la contribution de Coubertin à la définition idéologique, la délimitation institutionnelle, la popularisation politique enfin du mouvement sportif en France et en Europe. Il ne saurait être question évidemment d’une étude chronologique détaillée du mouvement sportif, ni d’une histoire complète des rapports entre l’œuvre coubertinienne et l’olympisme (4) mais simplement d’une mise en place théorique et politique de la problématique d’ensemble de Coubertin (5).
Ce faisant, je n’ignore pas les difficultés méthodologiques ou épistémologiques d’une telle tentative. Comment mesurer, en effet, l’influence réelle d’une doctrine (l’œuvre de Coubertin s’étend sur près de cinquante ans : de 1885 à 1937) sur un mouvement historique naissant, celui des sports, de l’olympisme et des Jeux olympiques, qui va en gros de 1880 à 1924 - c’est-à-dire jusqu’aux deuxièmes Jeux olympiques de Paris (1924) - et qui fut marqué par la Première Guerre mondiale et surtout la victoire de la Révolution d’Octobre 1917 (6) ? Comment évaluer les effets du coubertinisme sur l’idéologie bourgeoise dominante (rupture ou continuité ?) et contextualiser les interventions d’un théoricien important du sport et de l’éducation physique (Coubertin est sans doute le plus grand de tous à cet égard) dans une institution en voie de constitution à l’échelon national et international ? Comment enfin apprécier le caractère irremplaçable d’une personnalité historique au sein d’une nébuleuse d’idées contradictoires et souvent passablement confuses (7).
Le mythe de l’idée olympique
À ce jour l’historiographie du sport cumule les erreurs classiques - méthodologiques ou idéologiques - de la mythologie dominante qui n’est autre que la domination des mythologies (8).
La première erreur est celle de l’idéalisme et du spiritualisme propres à la pensée bourgeoise : les idées seraient le produit d’autres idées et influenceraient à leur tour d’autres idées, lesquelles finiraient par trouver leur « application » dans la réalité. Ainsi, le mouvement des sports et des Jeux olympiques modernes serait le produit de la renaissance de l’Idée olympique. Celle-ci, telle une entité mystique transcendante, guiderait les efforts sportifs ininterrompus de l’humanité et viendrait périodiquement s’incarner dans des réalisations humaines. Coubertin lui-même, et parmi les premiers, a accrédité cette mythologie, largement reprise par la suite (9.) Ainsi, dans son Discours au Congrès de Paris (1894), il affirme que « les représentants de l’athlétisme international et ceux-ci, unanimement, tant le principe en est peu controversé, ont voté la restitution d’une idée, vieille de deux mille ans, qui, aujourd’hui comme jadis, agite le cœur des hommes dont elle satisfait l’un des instincts les plus vitaux [...]. Ces mêmes délégués ont, dans le temple de la science, entendu retentir à leurs oreilles une mélodie vieille aussi de deux mille ans, reconstituée par une savante archéologie faite des labeurs successifs de plusieurs générations (10) ». Carl Diem, l’épigone nazi de Coubertin et l’organisateur zélé des Jeux de la croix gammée à Berlin en 1936 (11) ira encore plus loin dans ce spiritualisme olympico-sportif. Dès 1920, bercé par la mélodie hellénique et les sirènes aryennes, il écrit que « l’esprit des Jeux olympiques est depuis toujours un idéal culturel et un idéal de l’humanité toute entière [...] qui a pour but l’homme accompli (12) ». Cela n’empêchera pas Diem, en pleine occupation nazie en France, de célébrer l’Idée olympique sous l’uniforme national-socialiste en soutenant que « même pendant la guerre, on a le droit de poursuivre l’idée olympique » et d’exposer ses « efforts pour entretenir la flamme olympique ». S’adressant aux Français, particulièrement aux collaborateurs de la Wehrmacht, Diem résumait en ces termes l’esprit olympique revu et corrigé par le Führer et l’Institut olympique de Berlin : « Je crois me conformer à l’esprit de votre grand compatriote Pierre de Coubertin, qui fut le rénovateur des Jeux olympiques de l’Antiquité. C’est lui qui m’a confié cette tâche ; dans ses dernières volontés, il m’a confié le soin de publier ses œuvres posthumes, du moins celles qui intéressent le sport. Permettez-moi d’abord de constater un simple fait : l’idée olympique est restée vivante pendant la guerre actuelle [sic], par opposition à ce qui s’est produit durant la Grande Guerre [celle de 14-18], et non seulement sous forme d’espoir en un avenir pacifique, mais dans ses réalisations pratiques. Dès le premier mois de la guerre, l’activité sportive internationale a repris et n’a cessé de s’accroître depuis [...]. L’effort olympique est né dans un monde à l’esprit guerrier [...], il ne peut donc rester étranger à une époque où les peuples défendent leurs droits vitaux les armes à la main. En revanche, leur réalisation suppose une époque de paix et ce sont, en effet, les fêtes de la paix [sic] (13) ». Citant, de première main en quelque sorte, « l’œuvre de Coubertin et le côté grandiose et génial de son entreprise (14) », Diem montre la filiation réelle ou imaginaire entre les jeux « héroïques », « virils » et « guerriers » de l’Antiquité grecque, où les concurrents étaient « bien de véritables soldats [...], souvenir qui éveille en nous celui des soldats de nos jours qui, derrière les chars d’assaut [sic], s’élancent pour occuper le terrain que ceux-ci ont conquis (15) », et l’olympisme moderne, rénové par Coubertin, où « revit cet esprit militaire des Jeux Olympiques ». « Coubertin, écrit-il encore, leur rénovateur, avait du sang de soldat dans les veines. Il abhorrait le pacifisme et toute nébuleuse utopie de paix. Ses œuvres pédagogiques, historiques, politiques nous montrent un caractère intrépide, celui du véritable guerrier. Il était absurde, déclarait-il, de vouloir que les peuples s’aiment, mais il fallait leur apprendre à se respecter. Il réclamait une éducation virile. L’un des premiers il préconisa dans son livre, Où va l’Europe ?, le service ouvrier que réalisèrent plus tard l’Allemagne et la Bulgarie. Il demandait pour la France une organisation militaire sous la devise : “Idéal et amour de la Patrie”. Le sport lui semblait un moyen d’élever une génération virile (16) ». Synthétisant la trajectoire historique de ce « glorieux enfant » de la France « que nous avons toujours vénéré en Allemagne » (17), Diem écrit : « Voyant l’inutilité de ses efforts pour que dans les écoles de France l’éducation physique obtienne une place égale à celle de l’enseignement intellectuel, l’idée lui vint de faire renaître les Jeux olympiques sous forme de compétition internationale, afin que tous les quatre ans sa patrie se vît dans l’inéluctable obligation de montrer ce dont était capable sa jeunesse. Ainsi, dès le principe, Coubertin a conçu les Jeux olympiques comme une lutte entre nations, à l’image des jeux de la civilisation grecque, qui furent des compétitions entre cités-États. Il en ouvrait l’accès à tous les peuples de la terre, sous la réserve toute naturelle [sic] qu’ils appartinssent au cercle de la civilisation occidentale. Ainsi créée sous d’heureux auspices, son œuvre a surmonté toutes les difficultés du début, l’ignorance, le mauvais vouloir ; elle a bravé les dangers de la Grande Guerre et je puis dire que, malgré la guerre actuelle, son souvenir reste profondément ancré dans les cœurs de la jeunesse du monde entier (18) ». Qu’en termes galants ces choses fascistes, racistes et impérialistes-là sont dites ! Et celui qui allait devenir ultérieurement le guide spirituel de l’Institut Carl Diem de Cologne (RFA), à la Deutsche Sporthochschule, fixait « la mission des Jeux olympiques, mission européenne, tâche que la vieille Europe n’a pas su résoudre et dont la réalisation est réservée à la nouvelle Europe (19) », c’est-à-dire sous la domination des bottes allemandes ! Ce morceau d’anthologie national-socialiste proféré en pleine offensive des armées hitlériennes sur toute l’Europe est révélateur de la nature exacte de l’olympisme et de sa fonction politique réactionnaire : justifier l’ethos guerrier, l’esprit de conquête impérialiste au nom de la paix olympique généralement synonyme de paix des cimetières.
L’idéologie des chefs religieux et militaires
Une autre tendance de l’historiographie apologétique du sport, notamment dans le domaine de l’hagiographie coubertinienne, consiste à présenter le fondateur du néo-olympisme comme un grand homme, l’un de ces phares qui illumine la route obscure de l’humanité, au même titre que les autres créateurs de religion. C’est l’idéologie des êtres exceptionnels, des chefs, des autorités suprêmes, des héros, des guides politiques ou spirituels qui jalonnent l’histoire (Napoléon, Bismarck, Staline, Mao, Mussolini, Franco, Castro, etc.). Coubertin serait de ceux-là et ferait même partie du patrimoine le plus élevé de l’humanité. Voici, par exemple, comment le comité Pierre de Coubertin célébrait le soixantième anniversaire des premiers Jeux olympiques d’Athènes (1896) en rendant hommage au « Français génial qui a voulu les rendez-vous de 1896 à 1956 » : « Actuellement, toutes les nations, toutes les races s’intéressent à l’olympisme et participent aux jeux quadriennaux ; grâce à M. de Coubertin, la pratique de l’éducation physique et du sport est devenue populaire sur tous les continents, dans le monde entier, modifiant les habitudes et manières de vivre, exerçant une influence profonde sur la santé publique ; aussi est-il dès lors permis d’affirmer que le baron de Coubertin a réalisé une œuvre hautement humanitaire et sociale et qu’on peut le compter parmi les grands bienfaiteurs de l’humanité (20) ».
De la même manière, en 1964, à l’occasion du centième anniversaire de la naissance du baron et du soixante-dixième anniversaire de la rénovation des Jeux, la France, par la bouche du premier ministre Georges Pompidou, rendait hommage « à ce grand Français qui fut aussi un citoyen du monde » : « C’est en grande partie à lui qu’on doit la réussite éclatante de la compétition sportive et de l’idée olympique dans le monde contemporain (21) ». Lors du même hommage, le président du Comité international olympique, Avery Brundage, encensait, lui aussi, « l’un des bienfaiteurs les plus éminents de tout le genre humain » : « C’est une religion du XXe siècle que Coubertin a fondée avec le Mouvement olympique, une religion de portée universelle qui contient toutes les valeurs de base des autres religions, une religion moderne, passionnante, virile, dynamique, qui plait à la jeunesse, et nous, membres du Comité international olympique, sommes ses disciples. Ici, pas de différence de caste, de race, de famille, ou de fortune [sic]. Sur les terrains de sport, chacun gagne ou perd selon son propre mérite [...]. L’association amicale sur les terrains de sport mène à la compréhension mutuelle et à la paix. Considérez toute l’histoire et vous ne trouverez pas de système qui se soit si largement et si rapidement répandu que la brillante philosophie de Coubertin. Il a allumé une torche qui éclairera le monde, et sa gloire ira augmentant dans les années (22) ». Ainsi, Avery Brundage, celui qui sympathisa tellement avec le régime nazi, au point d’expliquer dans une brochure officielle du Comité olympique américain en 1935 que « certains Juifs doivent comprendre qu’ils ne peuvent pas utiliser ces jeux [ceux de Berlin 1936] comme une arme dans leur boycott contre les nazis (23) », reprenait à son compte l’idée de la religion olympique qui supplante toutes les autres valeurs traditionnelles et réaffirmait pompeusement tous les poncifs œcuméniques sur la religion universelle capable de réunir la grande famille humaine dans un même élan pour la paix et l’amitié entre les classes et les peuples.
A suivre
Notes
1. Pierre de Coubertin, « Le sport, élément de paix » [Manuscrit], publié in Centenaire Pierre de Coubertin, Paris, Presses de l’Imprimerie Nationale, 18 juin 1964. (Il s’agissait d’un hommage officiel de la France sur l’instigation de Maurice Herzog).
2. Il existe cependant diverses exceptions, de valeur inégale et souvent suspectes, car elles tentent généralement de minimiser ou banaliser les positions idéologiques réactionnaires, voire franchement fascisantes de Coubertin : Ernest Seillière, Un Artisan d’énergie française. Pierre de Coubertin, Paris, H. Didier Éditeur, 1917 ; Louis Meylan, Pierre de Coubertin, pédagogue et sociologue, Lausanne, Payot, 1944 ; André Senay et Robert Hervet, Monsieur de Coubertin (Préface de Édouard Herriot), Paris, S.E.S., 1956 ; Otto Mayer, À travers les anneaux olympiques, Genève, Pierre Cailler, 1960 ; Marie-Thérèse Eyquem, Pierre de Coubertin. L’épopée olympique, Paris, Calmann-Lévy, 1966 ; Olympisme, Lausanne, CIO, 1972 ; Yves-Pierre Boulongne, La Vie et l’œuvre pédagogique de Pierre de Coubertin, Ottawa, Éditions Lérnéac, 1975 ; Jean Durry, « Les batailles de Pierre de Coubertin », in Pierre Arnaud (dir.), Le Corps en mouvement, précurseurs et pionniers de l’éducation physique, Toulouse, Privat, 1981. Signalons aussi, au passage, la bibliographie des œuvres du baron Pierre de Coubertin, Lausanne, CIO, 1968.
En langue allemande, tous les travaux du Carl Diem-Institut de Cologne, notamment : Rudolf Malter, Der Olympismus Pierre de Coubertin’s. Eine kritische Studie zu Idee und Ideologie der modernen Olympischen Spiele und des Sports, édité par le Carl Diem-Institut, Cologne, 1969. Voir également deux ouvrages de Carl Diem, l’organisateur des jeux nazis de 1936 et le « génial et enthousiaste ami » de Coubertin selon les propres termes de ce dernier : Spätlese am Rhein. Gedanken und Reden über den Sport aus den Jahren 1947-1957, Francfort sur le Main, Wilhelm Limpert Verlag, 1957 ; Ein Leben für den Sport, édité par le Carl Diem-Institut, Cologne, sans date. En RDA, Coubertin passait pour un humaniste « progressiste » et un « ami de la paix ». Voir l’ouvrage officiel de Klaus Ullrich, Coubertin. Leben, Denken und Schaffen eines Humanisten, Berlin (RDA), Sportverlag, 1982. Dans la même filiation politique ou allégeance à l’idéologie sportivo-olympique des pays de l’Est, voir le document de la FSGT, De Moscou à Los Angeles, o1ympisme et sport des travailleurs, progressons ensemble, Paris, Sport et plein air, 1981. Le chapitre sur Coubertin est particulièrement intéressant par les absences ou lacunes d’analyses ! En langue anglaise il faut surtout signaler Eugen Weber, « Pierre de Coubertin and the introduction of organized sports in France », Journal of contemporary History, volume 5, n° 2, avril 1970. Sur le même sujet, Eugen Weger, « Pierre de Coubertin et les débuts de l’organisation du sport en France », Revue olympique, n° 34/35, juillet-août 1970 ; n° 36, septembre 1970 ; n° 40/41, janvier-février 1971 ; n° 42, mars 1971. Voir aussi Eugen Weber, « Gymnastics and sports in fin-de-siècle France : opium of the classes ? », American historical Review, février 1971.
3. À cela s’ajoutent deux difficultés qui entravent l’étude de l’action de Coubertin : a) la méconnaissance qui pèse sur lui et son œuvre. Il est en effet assez difficile de consulter ses écrits, épuisés depuis longtemps pour la plupart, dispersés dans diverses revues ou bibliothèques, voire inaccessibles, même si aujourd’hui certains de ses textes sont republiés ou disponibles on line. À quand une grande édition scientifique-critique française de la totalité de son œuvre ? Il faut dire qu’il n’y a pas que Coubertin qui est scotomisé en France. Toute tentative originale, critique, de sociologie ou d’histoire du sport et des exercices physiques est immédiatement suspectée par les institutions dominantes du savoir légitime. L’ostracisme qui a toujours pesé sur le courant de la Théorie critique du sport de Quel Corps ? est à cet égard exemplaire des pratiques courantes de censure ; b) l’enjeu politique immédiat de toute lecture de Coubertin. Comme la plupart des auteurs controversés, Coubertin oblige en effet à des clarifications politico-idéologiques. Je renvoie ici à Jean-Marie Brohm, Le Mythe olympique, Paris, Christian Bourgois, 1981, où j’analyse, au chapitre III, « Les idées réactionnaires du baron Pierre de Coubertin ».
4. Au demeurant il est intéressant de constater que Coubertin a été de plus en plus occulté dans l’aggiornamento actuel de l’idéologie olympique effectué par le CIO (Voir Jean-Marie Brohm, « La crise de l’olympisme », Sport et société (actes du colloque de l’Université de Saint-Étienne), Centre Interdisciplinaire d’Études et de Recherches sur l’Expression contemporaine, Saint-Étienne, 1981.
5. Voir « Coubertin, l’olympisme et Berlin 1936 », Quel Corps ?, n° 16, mai 1980 ; « Coubertin par lui-même », Quel Corps ?, n° 16, mai 1980 (il s’agit d’un choix de textes peu connus de Coubertin publiés par cette revue) ; Jean-Marie Brohm, « La religion sportive. Éléments d’analyse des faits religieux dans la pratique sportive », Actions et recherches sociales, n° 3 (« Idéologies, magies et religions »), novembre 1983.
6. Sur la fracture décisive opérée par la Première Guerre mondiale et la Révolution russe, voir par exemple Léon Trotsky, La Guerre et la révolution, 2 tomes, Paris, Éditions Tête de Feuilles, « Archives et documents », 1974 ; La Révolution d’Octobre et le mouvement ouvrier européen, ouvrage collectif présenté par Victor Fay, Paris, Études et Documentation Internationales, 1967 ; Marc Ferro, L’Occident devant la Révolution d’Octobre, Bruxelles, Complexe, « La mémoire du siècle », 1980.
7. Sur les questions de sociologie historique et politique du sport et du mouvement sportif voir Jean-Marie Brohm, Critiques du Sport, Paris, Christian Bourgois, 1976 ; Jean-Marie Brohm, Sociologie politique du sport, Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 1992 ; Jean-Marie Brohm et alii, I Signori del gioco, Storia, massificazione, interpretazioni dello sport, Naples, Liguori Editore, 1982 ; Jean-Marie Brohm, Michel Beaulieu et Michel Caillat, L’Empire football, Paris, Études et documentation internationales, 1982 ; Michel Caillat et Jean-Marie Brohm, Les Dessous de l’olympisme, Paris, La Découverte, 1984. Voir surtout Jean-Marie Brohm, « Pour une sociologie historique du sport », in Quel Corps ? et alii, Critique de la modernité sportive, Paris, Les Éditions de la Passion, 1995.
8. Voir Claude Billard et Pierre Guibbert, Histoire mythologique des Français, Paris, Galilée, 1976, et Marc Ferro, Comment on raconte l’histoire aux enfants, Paris, Payot, 1983.
9. Notamment par Carl Diem, Baillet-Latour, Brundage, Lord Killanin et l’institution olympique officielle, passée et présente (CIO, Académie olympique, Revue olympique, etc.).
10. Pierre de Coubertin, L’Idée olympique. Discours et essais, textes publiés par le Carl Diem-Institut, Schorndorf bei Stuttgart, Verlag Karl Hofmann, 1967, p. 5.
11. Sur les appréciations enthousiastes de Pierre de Coubertin sur Carl Diem et les Jeux olympiques de 1936, voir : « Les assises philosophiques de l’olympisme moderne, message radiodiffusé de Berlin le 4 août 1935 » ; « Aux coureurs d’Olympie-Berlin » (1936) ; « Discours du baron de Coubertin pour la clôture des jeux Olympiques de Berlin » (1936), in L’Idée olympique, op. cit., pp. 129 et suivantes. Il faut dire que Coubertin ne fut pas le seul Français à admirer « l’œuvre » olympique national-socialiste. Nombreux furent en France et ailleurs les laudateurs quasi-inconditionnels du sport allemand (voir Jean-Marie Brohm, Jeux olympiques à Berlin 1936, Bruxelles, Complexe, 1983). Voici, par exemple, pour ne rester que dans les milieux sportifs, comment Maurice Baquet valorisait à l’époque la grande fête des sports entre les peuples du monde entier : « Les Allemands ont organisé à Berlin la plus formidable exposition universelle du sport qu’on puisse imaginer » (Sport et Santé, n° 90, août 1936, pp. 11-12). Maurice Baquet devait devenir un idéologue de la FSGT, proche du Parti communiste français... Sur ce sujet, voir Fabien Ollier, La Maladie infantile du Parti communiste français : le sport, 2 tomes, Paris, L’Harmattan, 2003 et 2004.
12. Carl Diem, Der Olympische Gedanke. Reden und Aufsätze, Carl Diem-Institut, Schorndorf bei Stuttgart, Verlag Karl Hofmann, 1967, p. 3.
13. Carl Diem, L’Idée olympique dans la Nouvelle Europe, édité par l’Institut Terramare, Berlin W 8, imprimé par M. Müller und Sohn, Berlin, 1943, pp. 5 et 6. (Il s’agit d’une conférence faite par Diem à Paris en 1941 et reproduite sous forme de brochure de propagande). Rappelons pour mémoire que Diem fut secrétaire général de la commission du Reich pour les exercices physiques, secrétaire général du comité d’organisation de la XIe Olympiade à Berlin en 1936, vice-recteur de l’École supérieure allemande des exercices physiques, directeur de l’Institut olympique international et éditeur de la Revue olympique. On constate, dans ce cas également, la continuité de l’appareil d’État allemand sous les auspices olympiques !
14. Ibid., p. 20.
15. Ibid., p. 14.
16. Ibid., pp. 14 et 15
17. Ibid., p. 16.
18. Ibid. , pp. 20 et 21.
19. Ibid., pp. 53 et 54. Carl Diem, même après la « dénazification », récidivera dans l’appréciation positive de l’olympisme allemand et européen : « La pensée olympique reste un désir ardent, un idéal », écrit-il en rendant hommage à Coubertin à l’occasion du 20e anniversaire de sa mort (2 septembre 1937). Et le vieux nazi d’ajouter : « Les Jeux olympiques furent ainsi pour Pierre de Coubertin une sorte de congrès scientifiquement organisé en championnats sportifs, commandé par l’art et devenant un vrai festival des peuples. Non sans fierté, je puis dire qu’à la veille de sa mort, le baron de Coubertin pense avoir atteint ce but par les Jeux olympiques de 1936 à Berlin » (Carl Diem, « Pierre de Coubertin », Bulletin du Comité International Olympique, Lausanne, n° 61, 15 février 1958). Bel aveu que les nazis avaient tenu à obtenir, coûte que coûte, l’aval idéologique du baron.
20. Comité Pierre de Coubertin, Le baron Pierre de Coubertin, rénovateur des Jeux olympiques, Paris, Ateliers d’impression de l’Opéra, 1956, pp. 8 et 9.
21. Centenaire Pierre de Coubertin, Paris, Presses de l’Imprimerie Nationale, 18 juin 1964, sans pagination.
22. Ibid.
23. Fair Play for American athletes, publié par l’American Olympic Committee, 1935, Archives du CIO, Lausanne.
Ref CIO 9808 - Format 11 / 19
144 Pages
ISBN : 2-915129-36-3 - Prix : 12 €